16e Régiment d'Infanterie

Mes aïeux et ce régiment

Etienne Marius DENIS


Archives du SHD

A2G2390 : Historique anonyme. Montbrison, J.-L. Serre, 1919

26N587 : Journaux des marches et des opérations.

Présentation du régiment

Filiation et Campagnes :



A partir du Recueil d'Historiques de l'Infanterie Française (Général Andolenko - Eurimprim 1969).

1776 : Agenais (2 bataillons du Béarn)
Amérique 1781-1782.
1791 : 16e régiment d'infanterie
Belgique 1792-1795.
1793 : 16e demi-brigade de bataille
1796 : 16e demi-brigade de ligne
Allemagne 1796-1805.
1803 : 16e régiment d'infanterie de ligne
Sur mer 1805. Allemagne 1809. Espagne 1808-1812. Allemagne 1813. France 1814.
1815 : Légion du Gard
1820 : 16e régiment d'infanterie de ligne
Espagne 1823. Morée 1827. Algérie 1845-1850. France 1870-1871. Algérie 1881-1883.
1882 : 16e régiment d'infanterie
Grande Guerre 1914-1918 (Saint-Quirin, Schneckenbusch, Mortagne, Dreslincourt, Pimprez, Beuvraignes, Canny-sur-Matz, Bois Triangulaire).
1923 : dissous (traditions gardées par le 92e RI)
1939 : 16e demi-brigade d'infanterie
France 1939-1940.
1940 : dissoute

Distinctions :

Noms de batailles inscrits au Drapeau :
Hohenlinden 1800.
Wagram 1809.
Sagonte 1811.
Zaatcha 1849.
Lorraine 1914.
Verdun 1916-1917.
Tardenois 1918.
L'Aisne 1918.

Drapeau décoré de la Croix de Guerre 1914-1918 avec :
3 palmes pour 3 citations à l'ordre de l'Armée.

Les 20 et 21 août 1917, sous les ordres du lieutenant colonel Colombat, a enlevé brillamment et d'un seul élan les objectifs qui lui étaient assignés. Sans souci des pertes, des bombardements et des nappes de gaz, a réduit tous les nids de mitrailleuses, a capturé 260 prisonniers dont 9 officiers, a ramené 10 mitrailleuses et un canon de tranchée. À rejeter 5 contre-attaques en faisant encore des prisonniers et a maintenu toutes ses positions.

Décision du général commandant en chef du 19 septembre 1917.
Ordre général n° 900, du 20 septembre 1917, 2e armée.

Régiment qui s'est déjà maintes fois signalé au cours de la campagne. Le 29 juillet 1918, sous les ordres du lieutenant colonel Colombat, avec un magnifique esprit d'abnégation et une ardent foi patriotique, s'est porté sous un bombardement d'une extrême violence, à l'attaque du village de Grand-Rozoy, dont il s'est emparé de haute lutte, après avoir bousculé l'ennemi sur une profondeur de plus de 2 km, capturant ou détruisant de tous les nids de mitrailleuses et refoulant l'adversaire au-delà d'une ligne de tranchées et de réseaux fortement défendue. S'est maintenu sur ses positions, malgré de nombreuses et très violentes contre-attaques menées jusqu'à la nuit par des troupes de la Garde dont il n'a pu briser l'élan que par des luttes corps à corps. Le 1er août 1918, chargé de couvrir le flanc gauche de 2 divisions a réalisé sa mission avec succès, contribuant ainsi à la retraite de l'ennemi, auquel une de ses patrouilles a enlevé toute une batterie de 77. Le 3 août au matin, après avoir marché toute la nuit a atteint les objectifs qui lui avaient été assignés, dans le minimum de temps et malgré de violents tirs de barrage. Au cours de ces opeacute;rations, a pris à l'ennemi : 220 prisonniers, 40 mitrailleuses lourdes, 50 mitrailleuses légères, 4 canons de 77, 6 minenwerfers et 2 dépôts de munitions.

Décision du général commandant en chef du 20 août 1918

Fourragère aux couleurs de la Médaille Militaire 1914-1918 (jaune) :
3 citations à l'ordre de l'Armée.

Texte accompagnant l'attribution de la fourragère :

Régiment animé d'un bel esprit de sacrifice, ayant un profond sentiment du devoir et d'ardente volonté de vaincre. Sous les commandements successifs du chef de bataillon Renaud d'Avesnes des Meloizes et du lieutenant-colonel Colombat, et au lendemain d'un brillant succès lui ayant occasionné de lourdes pertes, poursuivi avec une grande ténacité et un mordant remarquable la conquête de tous ses objectifs sur une profondeur de 15 km, a franchi 2 rivières sous le feu des mitrailleuses et sous de violents bombardements, a repris 2 villages. À contribuer à l'enlèvement du centre de Braine, à la reprise de la tête de pont très importante de Vailly ; quelques heures avant d'être retiré de la bataille, a brillamment enlevé le village d'Ostel, très solidement défendu par des mitrailleuses.

La fourragère au 16e régiment d'infanterie.

Dans la guerre actuelle, l'assaut n'est plus la conclusion décisive du combat. Avoir réussi dans l'attaque ne suffit pas. Il faut, sitôt la position conquise, l'organiser et se préparait à y subir victorieusement les contre-attaques inévitables de l'ennemi. Et ainsi le rôle du fantassin apparaît comme singulièrement dur et glorieux. Prendre n'est rien, si l'on ne conserve pas.
Les exploits qui ont valu au 16e régiment d'infanterie les honneurs de la fourragère manifestent de la façon la plus éclatante combien nos soldats ont été à la hauteur de leur double tâche : conquérir, maintenir.
Nous voici à Verdun, en août 1917. Il s'agit de reprendre les défenses avancées de la ville inviolée et de refouler l'ennemi toujours plus loin. Pour sa part le 16e régiment d'infanterie doit s'emparer du bois de l'est d'Avocourt ou du moins de la position jadis ombragée, aujourd'hui signaléese par quelques troncs déchiquetés, théâtre de tant de combats héroïques. La partie n'est pas aisée, car l'ennemi ne renonce pas facilement à s'éloigner de la Porte de France et il semble bien décidé à s'agripper au sol avec énergiese.
Dès la relève, le 19 août au soir, le 16e régiment d'infanterie se trouve pris sous les rafales des obus toxiques. Les pertes subies n'arrêtent pas le régiment qui se rassemble, en ordre parfait, pour l'attaque. Le 20, à 4 h 40, il s'élançe à l'assaut et avec un courage magnifique parvient à s'emparer de 2 lignes allemandes au bout de 2 heures de lutte. Mais l'Allemand ne se tient pas pour battu. Depuis la matinée du 20 jusqu'à celle du 21, il ne lance pas moins de 5 contre-attaques avec la préparation d'artillerie habituelle. Un instant notre ligne fléchit un peu. Mais simplement parce que nos braves grenadiers sont à court de munitions. Bientôt les réserves arrivent et tous nos biens sont maintenus intégralement. Certes, ces âpres combats nous ont coûté des pertes douloureuses, mais, en fin de compte, le 16e régiment d'infanterie peut montrer, à son actif, 2 lignes enlevées, 263 prisonniers dont 9 officiers, 10 mitrailleuses, 4 minens et un butin considérable. Il a rempli avec vaillance la mission qui lui avait été confiée.
Il va se surpasser aux combats de juillet-août 1918. L'ennemi a transformé le village de Grand-Rozoy et ses abords en un centre de résistance de premier ordre auquel il tient beaucoup. Au 16e régiment d'infanterie de le lui enlever ! Malgré les feux meurtriers des mitrailleuses, le régiment atteint tous les objectifs et dès lors, ni contre-attaques, ni obus toxiques, ni bombardements violents ne parviennent à le déloger. Depuis l'aube en lutte. Mais la fatigue ne peut vaincre la vigueur des troupes valeureuses. Aussi lorsqu'à la fin de l'après-midi, l'ennemi essaie encore de s'infiltrer dans le village, une charge à la baïonnette fait rapidement place nette.
Et le 1er août, on repart pour l'attaque au-delà du Grand-Rozoy il l'on réussit, sans trop jamais perdre la liaison avec les voisins de combat.
Dans la nuit du 2, à peine regroupé à Bougneux, le 16e régiment d'infanterie répond un nouvel appel. Marche de nuit, sous la pluie, en pays inconnu, à l'arrivée, à Guiry-Housse, ordre de s'établir de manière à protéger le passage de la Vesle que doivent effectuer d'autres éléments. Durant 2 jours, le 16e régiment d'infanterie supporte, sans faiblir, un bombardement ininterrompu, souvent par obus toxiques. Ses vaillants ne se retirent que lorsque la relève a été assurée. Ils ont ramené 220 prisonniers, 90 mitrailleuses, 6 minens. Bien plus : une patrouille conduite par le caporal Trefond s'est emparé de 4 canons de 77.
Pareil mépris de fatigues énormes, des pires dangers, pareil succès ne pouvaient pas tomber dans l'oubli. Le livre d'or du 16e régiment d'infanterie contiendra une longue liste de braves tombés pour la France, mais il offre aussi à la postérité, l'histoire inoubliable d'exploits peu communs qui honorent, avec le Drapeau du Rrégiment, la Patrie elle-même. À Verdun, au Grand-Rozoy, à Guiry-Housse, le 16e régiment d'infanterie a scellé de son sang sa gloire et la libération du pays.

Traditions :

Refrain :
Allons, amis, à l'ouvrage ; allons-y gaiement

Emplacements du régiment et Chefs de Corps :

1791 : de Blottefière
1792 : de la Combe
1795 : Gillot
1800 : Rouville
1807 : Marin
1809 : Latour
1809 : Gudin
1812 : Lamotte
1814 : Pons
1815 : de Tschudy
1817 : de Bruc
1892 : Monrhaulon
1819 : d'Alvymare
1894 : Mounier
1824 : de Mesgrigny
1826 : Bogarelli d'Ison
1832 : de Rostolan
1839 : François
1842 : Vanheddghem
1848 : Bosquet
1848 : Jollivet
1850 : Titard
1855 : de Chargère
1866 : Rebilliard
1870 : de la Cottière
1871 : Panier des Touches
1876-1879 : XIIIe CA - 25e DI - 49e BI - Dépôt Riom, Portion Principale Lyon - Cl Panier Des Touches
1878 : Thomas
1884 : XIIIe CA - 25e DI - 49e BI - Dépôt Montbrison, Portion Principale St Etienne - Cl Thomas
1887 : Metzinger
1891 : Loubert
1895 : Cl Mounier
1898-1901 : XIIIe CA - 25e DI - 49e BI - Portion Centrale Montbrison, Portion Principale St Etienne - Cl De Jarnac
1902-1906 : Cl Carrier
1906 : Ernst
1909 : Vaimbois

Photos :

Album Régimentaire :

Imprimerie Phototypique A. GELLY, Charleville - 10 avril 1911.

Origine du 16e Régiment d'Infanterie - ses transformations
L'origine du 16e Régiment d'Infanterie remonte à une compagnie de gardes levée en 1576 par un frère de Charles IX . En 1595, Henri IV en fait le Régiment de Balagny qui, en 1684, devient le Régiment du Béarn. Il avait rang dans les sept petits vieux régiments.
En 1776, le Régiment du Béarn, dédoublé, forme le Régiment d'Agenais avec son 2e et son 4e bataillon. En 1791, le Régiment d'Agenais, devient le 16e Régiment d'Infanterie.
En 1793, le 1er bataillon de ce régiment, amalgamé avec les volontaires de la Meurthe, devient la 16e Demi-Brigade de bataille ; le 2e bataillon est fondu dans les troupes coloniales.
En 1796 est formé la 16e Demi-Brigade de Ligne.
En 1803, le corps reprend le nom de 16e Régiment d'Infanterie.
En 1815, les régiments s'appelant légion, le 16e devient Légion du Gard.
En 1820, la Légion du Gard est dissoute et reforme le 16e Régiment d'Infanterie de ligne actuel.

Colonels ayant commandé le 16e Régiment d'Infanterie depuis 1791

dates noms observations dates noms observations
1791 de Blottefière 1848 Bosquet Maréchal de France
1792 de la Combe 1848 Jollivet
1795 Gillot 1850 Titard
1800 Rouville 1855 de Chargère Général de brigade
1807 Marin Général de brigade 1866 Rebilliard Général de brigade
1809 Latour 1870 de la Cottière Général de brigade
1809 Gudin Général de brigade 1871 Panier des Touches
1812 Lamotte 1878 Thomas Général de brigade
1814 Pons 1887 Metzinger Membre du Conseil Supérieur de la Guerre
1815 de Tschudy 1891 Loubert
1817 de Bruc 1892 Monrhaulon
1819 d'Alvymare 1894 Mounier
1824 de Mesgrigny Maréchal de camp 1898 de Jarnac
1826 Bogarelli d'Ison 1901 Carrier
1832 de Rostolan Maréchal de camp 1906 Ernst
1839 François 1909 Vaimbois
1842 Vanheddghem

Situation des Officiers du 16e Régiment d'Infanterie à la date du 10 Avril 1911

ETAT-MAJOR

M. Vaimbois, Colonel (St Etienne)
M. Hélo, Lieutenant-Colonel (Montbrison) M. Courtot de Cissey, Lieutenant-Colonel St Etienne)
MM. Bourgeois, Major, Montbrison MM. Demestre, Officier-Payeur, St Etienne MM. Millière, Médecin-Major de 1re classe, St Etienne
Scapula, Capitaine-Trésorier, Montbrison Ogier, Porte-Drapeau, St Etienne Maisonneuve, Médecin-Major de 2me classe, 
Roussot, Capitaine d'Habillement; Montbrison Jeannolle, Chef de Musique, St Etienne Montbrison

CADRE ACTIF

1er Bataillon St Etienne 2e Bataillon Montbrison 3e Bataillon Montbrison
Chef de Bataillon : Krac
Adjudant-Major : Maurin
Chef de Bataillon : Hauw
Adjudant-Major : Clabault
Chef de Bataillon : Sers
Adjudant-Major : Baudrand
1re Compagnie Debenedetti, Capitaine
de Lonlay, Lieutenant
Germinet, Sous-Lieutenant
5me Compagnie Barthel, Capitaine
Moreau, Lieutenant
Gayet, Sous-Lieutenant
Chapet, Sous-Lieutenant
9me Compagnie Grapa, Capitaine
Dufour, Lieutenant
Marchand, Sous-Lieutenant de réserve
2me Compagnie Thomas, Capitaine
Bley, Lieutenant
Martin, Sous-Lieutenant
de Silans, Sous-Lieutenant de réserve
6me Compagnie Miquel, Capitaine
Bézert, Lieutenant
Goutail, Sous-Lieutenant de réserve
10me Compagnie Léandri, Capitaine
Maire, Lieutenant
Davrillon, Lieutenant
3me Compagnie Camus, Capitaine
de la Tocnaye, Lieutenant
Jay, Lieutenant
7me Compagnie Ravier, Capitaine
Mairey, Lieutenant
Gignoux, Sous-Lieutenant
Bruno, Sous-Lieutenant de réserve
11me Compagnie Gargat, Capitaine
Rigollier, Lieutenant
Girod, Lieutenant
4me Compagnie Hubin, Capitaine
Bodart, Lieutenant
Chanabier, Lieutenant
Desgeorges, Sous-Lieutenant de réserve
8me Compagnie Viala, Capitaine
Grobon, Lieutenant
Giraudet, Sous-Lieutenant
12me Compagnie Montagné, Capitaine
Perret, Lieutenant
Dunoyer, Lieutenant
Porte, Sous-Lieutenant de réserve

CADRE COMPLEMENTAIRE

MM. les Capitaines Monroux, Chenost, Clerget de St Léger


Garnisons :

Le 2e bataillon et le dépôt du régiment sont à la caserne de Vaux de Montbrison :



et le reste du régiment est à la caserne Destaing de Clermont-Ferrand :

à la caserne du Séminaire de Clermont-Ferrand :


Le périmètre du bâtiment est inclus dans l’enclos de la cité médiévale de Montferrand, et probablement dans l’enceinte castrale du premier château comtal du XI° siècle.

Cet emplacement, au XVI° siècle, est encore dénommé « Palais Vieux » et abrite la Cour des Aides d’Auvergne, du Limousin et de la Marche, soit la plus importante juridiction civile du Massif Central.

Aux XVII° et XVIII° siècles, l’ordre des soeurs de Sainte Ursule y installe un couvent et édifie une chapelle, laquelle est consacrée en 1702. A la Révolution française, les Ursulines sont chassées et leur couvent requis comme Bien National. Après le Concordat de 1801, l’Evêché transforme le bâtiment en Grand Séminaire, jusqu’en 1905. Au XX ° siècle, le vaste ensemble ecclésiastique devient Hôpital militaire pendant la Première Guerre mondiale ; puis, propriété du Ministère des armées, il devient la Caserne Battesti jusqu’en 1984. Lorsque les militaires quittent le site, devenu vétuste, pour des locaux plus fonctionnels, l’ancien ensemble conventuel est acheté par la Ville de Clermont-Ferrand, qui décide d’aménager un nouvel espace muséographique pour transférer ses collections d’art, jusqu’alors conservées au musée Bargoin.

site de la ville de Clermont Ferrand :  Un bâtiment inscrit dans l’histoire de Montferrand

et à la caserne Rullière de Saint Étienne (casernement partagé avec le 38e RI) :