(Général Andolenko - Eurimprim 1969).
Guerre de 7 ans 1756-1763.
Rhin 1792.
Belgique 1794-1795. Luxembourg 1795.
Allemagne 1796-1798. Suisse 1798. Italie 1792-1802.
Italie 1796-1797. Égypte 1798-1801
Italie 1805-1811. Allemagne 1809, 1813. Italie 1814.
Rome 1849. Algérie 1850-1853. Crimée 1154-1855
France 1870-1871.
Grande Guerre 1914-1918 (Alsace, Lorraine, Artois, Verdun, Somme, Coucy, Alsace, Plessis de Roye, Bois de Reims, Flandres).
AFN 1956.
3 palmes - citations à l'ordre de l'Armée.
3 citations à l'ordre de l'Armée.
Le 1er bataillon et 2 compagnies sont casernés à Moutiers, le 2e bataillon est caserné à Modane, 2 compagnies sont casernées à Bourg Saint Maurice ;
En aval de Termignon, situé à la bifurcation de
la route
du Mont-Cenis et du chemin du col de la Vanoise, clef des hautes
vallées de l'Isère et de l'Arc, la
vallée est
barrée d'abord par les anciens forts de l'Esscillon en
partie
démantelés ; puis les ouvrages récents
de la
défense de Modane, les batteries du Replaton et du Sappey,
permettent d'observer les débouchés du tunnel du
Fréjus, la haute vallée de l'Arc, les passages
aboutissant au pittoresque vallon de Charmaix, et
spécialement
le col du Fréjus, où un poste construit
à 2500
mètres est desservi par une route de voitures qui, nous
l'avons
déjà dit, deviendra une voie de communication
très
appréciée des populations de la Maurienne et de
la
vallée de la Bardonnèche lorsque l'Italie voudra
en
poursuivre la construction sur son versant.
Depuis 1890,1 bataillon du 97e régiment d'infanterie,
cantonne
en été aux environs de Modane et forme, avec la
12e
batterie du 2e d'artillerie et un détachement du 4e
génie, le 3e groupe bis.
Une des plus graves catastrophes survenues aux vaillants gardiens de
notre frontière des Alpes a eu pour
théâtre, le 22
décembre 1901, le chemin du poste de Fréjus
à
Modane, elle fit six victimes : le sergent Charaz, les soldats Charlet,
Guillon, Desgranges, Périnet et Rebatel.
C'était le dimanche précédant
Noël. Il y
avait lieu de faire un ravitaillement pour faire parvenir à
leur
destination les cadeaux envoyés par leur famille
à
l'occasion de Noël.
L'état atmosphérique était
satisfaisant ; le
chemin du col d'Arrondaz est balisé par les poteaux
télégraphiques. Depuis plusieurs
années que le
poste est occupé, il ne s'est jamais produit d'accidents sur
cet
itinéraire ; enfin, trois jours avant, une compagnie
entière était montée au
Fréjus et en
était redescendue sinon sans fatigue, du moins sans accident.
Dans ces conditions, le lieutenant Guillot était
fondé à ne pas refuser ce ravitaillement,
désiré par ses hommes.
Il organisa d'ailleurs le détachement avec une parfaite
prudence
; il le composa de 11 hommes, le mit sous les ordres d'un sergent
éprouvé, le sergent Charaz, et le
répartit en
trois groupes ; une avant-garde, un caporal et deux hommes ;
au
centre, un sous-officier et quatre hommes, puis une
arrière-garde de trois hommes. Chacun de ces groupes
convenablement espacés était à la
corde.
On se mit en marche à dix heures du matin, pour arriver vers
une
heure aux Granges d'Arrondaz, point de rendez-vous des mulets venant de
Modane.
Vers midi, les rois groupes descendaient les pentes du col d'Arrondaz,
lorsque retentit un sinistre craquement sur la gauche, une avalanche
s'écroule de la montagne, elle renverse et
entraîne
les deux derniers groupes et les recouvre de neige.
Le groupe d'avant-garde reste indemne ; il est seulement
renversé par le vent de l'avalanche ; la corde qui
réunissait les trois hommes s'accroche à un
poteau
téléphonique ; ils se dégagent ; l'un
d'eux, le
caporal, fortement meurtri, s'arrête un moment sur place ;
les deux autres volent au secours des engloutis.
Dans le groupe du centre, un homme, le dernier de la corde,
réussit à se dégager et se porte au
secours d'un
camarade qui n'avait que peu de neige sur lui et continuant
à
suivre la corde, les cinq échappés au
désastre
allaient tout au moins sauver leurs trois autres camarades du groupe du
centre, lorsque, soudain il se produit sur la droite un nouveau
craquement instantanément suivi d'une nouvelle avalanche
qui, se
croisant avec la précédente, recouvre d'une
nouvelle
couche de neige les malheureux chasseurs engloutis.
Que faire ? Cinq hommes à eux seuls ne pouvaient plus rien,
mais
le caporal, ne perdant pas la tête, tout meurtri qu'il
était, se porte sur les chalets d'Arrondaz et annonce par
téléphone au lieutenant Guillot ce qui vient de
se passer.
Le lieutenant se montre digne du commandement qu'il exerce et prend
aussitôt le parti de téléphoner
à Modane
pour demander du secours, puis, ne laissant que deux hommes aux postes,
il part avec le reste de son détachement, et en une
demi-heure,
il arrive sur le lieu du sinistre.
Guidé par les deux hommes du groupe du centre qui avait
échappé à la mort, il retrouva presque
de suite
les trois autres, mais il était trop tard ; les soins les
plus
éclairés prodigués avec le plus absolu
dévouement ne purent les rappeler à la vie.
Jusqu'à dix heures du soir, on travaille sans
relâche,
mais sans succès, pour retrouver les trois hommes du groupe
d'arrière-garde qui manquaient encore.
Vers trois heures un quart, le lieutenant-colonel de La Broye,
commandant d'armes de Modane, reçut l'avis
téléphonique du lieutenant Guillot.
Le 13e bataillon de chasseurs était arrivé le
matin
même de Lanslebourg à Modane ; le
lieutenant-colonel de La
Broye met au courant le commandant Sauret, du 13e bataillon ; celui-ci
organise aussitôt un détachement de vingt-quatre
hommes de
bonne volonté, qui part sous les ordres du capitaine Arbey,
accompagné de trois mulets porteurs d'outils, de brancards
et de
médicaments ; du médecin-major Bouffandeau, du
158e ; du
lieutenant d'artillerie Chaffray, de deux gendarmes et d'une quinzaine
de pompiers et d'habitants de Modane, qui offrent
spontanément
leur précieux concours.
Parti à cinq heures du soir, ce détachement
arrive au
chalet d'Arrondaz vers dix heures trente ; il relève les
hommes
épuisés du lieutenant Guillot ; il poursuivit son
oeuvre
jusqu'au lendemain lundi, dix heures du matin ; c'est inutilement qu'on
ouvre près de cinq cents mètres de
tranchée dans
la neige ; on ne retrouve rien. Le temps devenant menaçant,
le
capitaine Arbrey dans le sage partie de redescendre, ramenant avec lui
les trois cadavres retrouver et deux blessés.
En arrivant au Charmaix, le capitaine Arbrey rencontre le
général de France, montant avec un
détachement du 97e, commandé par le capitaine
Bergin,
revenu le matin de Saint-Michel.
En présence des craintes manifestées par le
capitaine
Arbrey et des menaces atmosphériques, le
général
de France donne l'ordre de redescendre.
Le lendemain mardi, à trois heures et demie du matin, le
capitaine Crépinet, du 12e bataillon d'artillerie
à pied,
part à la tête de trente hommes de sa batterie,
volontaires et presque tous jeunes soldats, et arrive vers
huit
heures sur le lieu de l'accident. Grâce à des
observations
bien faites dans une reconnaissance opérée
personnellement par lui la veille, il retrouva presque de suite un des
cadavres. À ce moment arrive le détachement du
capitaine
Bergin, parti à quatre heures du matin de Modane. Les deux
détachements travaillant ensemble découvrent
rapidement
les deux derniers cadavres et redescendent les trois corps à
Modane.
Après de pareils efforts, dans lesquels officiers et soldats
de
toutes armes ont rivalisé d'ardeur, d'entrain et de
dévouement, on a le droit d'être fier de cet
admirable
esprit de solidarité et on a le devoir de dire qu'on a tout
fait
pour arracher à la mort les victimes de la catastrophe
d'Arrondaz, ainsi que le déclarait le
général
Zédé en leur rendant les derniers honneurs.
Au Pays des Alpins (pages
186 à 192), Henri Duhamel.
Chambéry, 23 décembre. - Un
détachement de Modane
signale un nouvel accident de montagne dont ont
été
victimes six soldats.
Un détachement de 11 hommes du 97e de ligne, faisant
ravitaillement au mont Fréjus, a été
surpris sous
une avalanche. On signale six morts.
Les secours sont partis de Modane.
Le mont Fréjus et la montagne que traverse le tunnel de
Modane
à Bardonèche. Ce tunnel, improprement connu sous
le nom
de Mont-Cenis, à cause de l'hospice de ce nom, est en
réalité le tunnel de Fréjus.
L'Indicateur de la Savoie
n° 1170 - samedi 28 décembre 1901.